Nouveau DPE 2026 avec un coefficient électricité de 1,9 ? Ce qui change vraiment pour votre note

Nouveau DPE 2026

2 millions de logements chauffés à l’électricité vont changer de catégorie DPE en 2026. Certains vont monter, d’autres descendre. Tout dépend d’un seul chiffre : le coefficient d’énergie primaire, qui passe de 2,3 à 1,9 pour l’électricité. Un ajustement technique en apparence, mais aux conséquences très concrètes pour les propriétaires, les bailleurs et les acheteurs.

Voici ce que vous devez réellement comprendre — et anticiper.

Qu’est-ce que le nouveau DPE 2026 coefficient électricité 1,9 et pourquoi ce changement ?

Le DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) ne mesure pas directement votre consommation de kWh. Il calcule une consommation en énergie primaire, c’est-à-dire l’énergie nécessaire pour produire celle que vous consommez chez vous, transport et pertes comprises.

Pour l’électricité, ce calcul s’appuie sur un coefficient multiplicateur. Aujourd’hui, ce coefficient est de 2,3. Concrètement : si votre logement consomme 100 kWh d’électricité, le DPE comptabilise 230 kWh d’énergie primaire.

À partir de 2026, ce coefficient passe à 1,9. Le même logement ne comptabilisera plus que 190 kWh d’énergie primaire. Une baisse de 17 %.

Pourquoi cette révision maintenant ?

Le réseau électrique français a profondément évolué. La part des énergies renouvelables dans le mix électrique a augmenté significativement. Selon l’ADEME, l’électricité française émet aujourd’hui moins de CO₂ par kWh qu’il y a dix ans, ce qui justifie une réévaluation du facteur de conversion.

Le gouvernement entend aussi corriger une injustice : le DPE actuel pénalisait lourdement les logements chauffés à l’électricité, parfois bien isolés, face à des maisons chauffées au gaz dont la facture réelle était pourtant comparable. Ce déséquilibre faussait la lecture du marché immobilier et les décisions de rénovation.

Cette réforme DPE 2026 s’inscrit dans la révision plus large du diagnostic, dont la méthode de calcul avait déjà été révisée en juillet 2021. L’objectif reste le même : rendre l’étiquette énergie logement électrique plus fiable, plus juste, et plus lisible pour tous.

Quel impact concret sur votre étiquette énergétique selon votre système de chauffage ?

L’effet n’est pas identique pour tous les logements. Tout dépend de votre source d’énergie principale et de votre niveau de consommation actuel.

Les logements chauffés à l’électricité

C’est là que l’impact est le plus fort. Un appartement avec des radiateurs électriques classifié F aujourd’hui pourrait basculer en E, voire en D selon son niveau d’isolation. Ce gain d’une à deux lettres change tout : statut de passoire thermique, valeur verte immobilier, obligations de travaux.

Consommation réelle (kWh/m²/an) Énergie primaire avec coeff. 2,3 Énergie primaire avec coeff. 1,9 Étiquette actuelle → 2026
130 kWh 299 kWh/m²/an → E 247 kWh/m²/an → D E → D
175 kWh 402 kWh/m²/an → F 332 kWh/m²/an → E F → E
220 kWh 506 kWh/m²/an → G 418 kWh/m²/an → F G → F

Ces données sont indicatives et basées sur les seuils actuels du DPE. La réforme pourrait également ajuster ces seuils.

Les logements avec pompe à chaleur

La pompe à chaleur DPE bénéficie doublement de cette réforme. D’abord, elle consomme moins d’électricité qu’un radiateur classique pour produire la même chaleur (COP de 3 à 4). Ensuite, la baisse du coefficient réduit encore davantage son empreinte en énergie primaire. Un logement équipé d’une PAC performante et correctement isolé peut franchement viser la catégorie B ou C.

Les logements au gaz ou au fioul

Leur coefficient (1,0 pour le gaz) ne change pas. Leur étiquette reste identique. Résultat : l’écart de compétitivité entre l’électricité et les énergies fossiles se réduit nettement. Des logements comparables verront leur DPE se rapprocher, ce qui modifie les arbitrages à l’achat ou à la location.

Le double critère CO₂ reste présent

Attention : le DPE calcule deux choses — l’énergie primaire ET les émissions de gaz à effet de serre. La lettre finale retient le plus défavorable des deux. Avec un mix électrique bas carbone, l’électricité produit peu de CO₂. Sur ce critère, les logements électriques s’en sortent déjà bien. La réforme du coefficient renforce donc leur position globale.

Propriétaires et bailleurs : quelles obligations et échéances à anticiper avant 2026 ?

Si vous possédez ou louez un bien immobilier, la réforme DPE 2026 a des effets directs sur vos obligations légales.

Les passoires thermiques : calendrier toujours actif

Le calendrier d’interdiction à la location des passoires thermiques reste maintenu, avec des discussions en cours pour certaines adaptations :

  • Depuis 2023 : interdiction d’augmenter les loyers des logements G et F
  • 2025 : interdiction de mettre en location les logements classés G+ (plus de 450 kWh/m²/an)
  • 2028 : interdiction de louer les logements classés G
  • 2034 : interdiction de louer les logements classés F

Si votre bien passe de G à F grâce à la réforme du coefficient, vous gagnez du temps. Mais vous n’êtes pas exonéré de travaux pour autant. La passoire thermique 2026 reste une réalité pour des centaines de milliers de logements mal isolés.

Les DPE en cours restent valides

Vous avez fait réaliser un DPE récemment ? Voici les règles de validité selon service-public.fr :

  • DPE réalisé entre le 1er juillet 2021 et le 31 décembre 2024 : valide jusqu’au 31 décembre 2025
  • DPE réalisé à partir du 1er janvier 2025 : valide 10 ans
  • Anciens DPE (avant juillet 2021) : expirés depuis le 1er janvier 2023

Conséquence pratique : si votre DPE expire fin 2025, attendez début 2026 pour le refaire. Vous bénéficierez automatiquement du nouveau coefficient — et potentiellement d’une meilleure étiquette.

L’audit énergétique obligatoire

Pour les logements classés F et G mis en vente depuis le 1er avril 2023, l’audit énergétique obligatoire s’applique. Il est plus complet qu’un simple DPE : il propose plusieurs scénarios de travaux avec leurs coûts et gains estimés. Cette obligation s’étendra aux logements E à partir de 2025. La réforme du coefficient peut modifier le classement de votre bien et donc vous soumettre — ou vous exempter — de cette obligation.

La valeur verte immobilier en jeu

Les études le montrent : la valeur verte immobilier est réelle. Un logement classé D se vend en moyenne 6 à 14 % plus cher qu’un logement classé F ou G à surface et localisation équivalentes. Si votre bien gagne une lettre grâce à la réforme, sa valeur de marché progresse mécaniquement. C’est un argument fort pour anticiper plutôt que subir.

Comment anticiper la réforme et financer vos travaux grâce aux aides disponibles ?

La réforme du coefficient ne dispense pas de rénover. Elle repositionne des logements, mais ceux qui restent mal isolés restent pénalisés. La bonne stratégie : profiter des aides disponibles maintenant, avant que les règles ne changent encore.

MaPrimeRénov 2026 : le dispositif principal

MaPrimeRénov reste l’aide centrale pour les travaux de rénovation énergétique. En 2025-2026, elle évolue avec deux volets distincts :

  • Parcours par geste : pour les travaux ciblés (isolation des combles, remplacement chaudière, pompe à chaleur). Accessible sans condition de gain de performance globale.
  • Parcours accompagné : pour les rénovations d’ampleur (gain d’au moins 2 classes DPE). Montants plus élevés, encadrés par un accompagnateur Rénov’.

Les montants varient selon vos revenus (ménages modestes, très modestes, intermédiaires, aisés) et votre localisation. Pour une pompe à chaleur air/eau, la prime peut atteindre 5 000 à 9 000 € pour un ménage à revenus modestes.

Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE)

Les CEE permettent d’obtenir des primes complémentaires versées par les fournisseurs d’énergie. Ils se cumulent avec MaPrimeRénov. Selon les travaux et votre profil, ces primes peuvent représenter plusieurs milliers d’euros supplémentaires.

L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ)

Jusqu’à 50 000 € de prêt sans intérêts pour financer une rénovation globale. Compatible avec MaPrimeRénov. Disponible sans condition de ressources pour les propriétaires occupants comme bailleurs.

Quels travaux prioriser ?

Pour maximiser votre gain de classe DPE tout en optimisant votre budget, voici les chantiers les plus efficaces :

  • Isolation des combles et des murs : jusqu’à 30 % de gain sur la consommation
  • Remplacement d’un chauffage électrique par une pompe à chaleur : divisez par 3 à 4 votre consommation électrique
  • Double ou triple vitrage : essentiel pour réduire les ponts thermiques
  • VMC double flux : améliore le confort et limite les pertes de chaleur

Pour construire un plan de rénovation cohérent adapté à votre logement, vous pouvez consulter notre guide complet sur la rénovation énergétique — il détaille les étapes, les aides et les erreurs à éviter.

Se faire accompagner : une étape indispensable

Naviguer seul entre DPE, aides, artisans RGE et dossiers administratifs, c’est chronophage et risqué. Un conseiller en rénovation vous aide à prioriser les travaux, monter les dossiers et éviter les devis surestimés.

Le dispositif Mon Accompagnateur Rénov’ (MAR), piloté par l’ANAH, offre un accompagnement subventionné pour les rénovations d’ampleur. C’est gratuit pour les ménages modestes.

La réforme du coefficient électricité à 1,9 est une opportunité réelle. Elle rééquilibre le marché en faveur des logements électriques performants. Mais elle ne fait pas disparaître les passoires thermiques — elle les déplace. Mieux vaut anticiper, rénover maintenant et valoriser votre bien avant que le marché n’intègre pleinement ces nouveaux repères.

Vous voulez savoir exactement comment la réforme 2026 va impacter votre logement ?

Hellio analyse votre situation, identifie les aides auxquelles vous avez droit et vous met en contact avec des professionnels RGE près de chez vous — gratuitement et sans engagement.

Questions fréquentes

Pourquoi le coefficient électricité passe de 2,3 à 1,9 dans le nouveau DPE 2026 ?

Ce changement reflète la décarbonation progressive du mix électrique français. L’électricité étant produite avec moins d’émissions de CO2 qu’avant, son impact énergétique est revu à la baisse. Concrètement, les logements chauffés à l’électricité bénéficient d’une meilleure prise en compte de leur performance réelle.

Est-ce que mon DPE actuel va automatiquement changer de lettre avec la réforme 2026 ?

Votre DPE en cours reste valable jusqu’à sa date d’expiration. Seuls les nouveaux diagnostics réalisés après l’entrée en vigueur de la réforme appliqueront le coefficient 1,9. Pour connaître votre nouvelle note, vous devrez faire établir un nouveau DPE par un diagnostiqueur certifié.

Quels logements vont gagner des points avec le nouveau coefficient électricité 1,9 ?

Les logements chauffés exclusivement à l’électricité, notamment via des pompes à chaleur, des convecteurs ou un plancher chauffant électrique, sont les grands gagnants. Certains biens classés F ou G pourraient remonter en E, voire D, ce qui change tout pour leur mise en location ou leur vente.

Le nouveau DPE 2026 suffit-il pour éviter l’interdiction de louer un logement énergivore ?

Pas forcément. Si votre logement remonte en E grâce au nouveau coefficient, il échappe aux interdictions de location prévues pour les F et G. Mais attention, les seuils réglementaires et le calendrier d’interdiction restent inchangés. Seule la méthode de calcul évolue, pas les obligations légales des propriétaires bailleurs.

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